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Presse


Quelques extraits d'articles et interviews (presse écrite)


Le Point

Le Point (13 janvier 2011)

- Si vous aviez à définir les Français en quelques adjectifs...

- Gérard Mermet : D'abord, ils sont conscients qu'il est en train de se passer quelque chose d'irréversible, un changement de monde, une mutation de société, qu'il faudra s'y adapter et que l'Etat ne pourra pas tout faire. Mais ils sont aussi peureux, d'autant plus que la plupart sont gâtés et qu'ils craignent de perdre une partie de leur confort.

- Normal, c'est la crise.

- G.M. : Oui, sauf qu'elle n'a pas été en France la catastrophe redoutée. Je distingue trois groupes : les Fragiles, une petite minorité de la population, qui a besoin d'être soutenue et qui l'est plutôt mieux qu'ailleurs. Ensuite, les Agiles, qui ont pu connaitre le chômage mais qui ont du ressort, de la mobilité et qui peuvent rebondir. Les Tranquilles, enfin (retraités, fonctionnaires, salariés d'entreprises dynamiques…), ont un pouvoir d'achat assez peu menacé. Mais, même eux ont peur de l'avenir.

- Quoi d'autre ?

- G.M. : Les Français sont déçus par leurs élites, qu'ils jugent peu crédibles et incapables d'inventer un véritable projet pour demain. En 1972, année de naissance du Point, le PS présentait son programme " Changer la vie " ; aujourd'hui, au numéro 2000, il reprend à peu près les mêmes thèmes avec l'" égalité réelle ". C'est l'une des illustrations du sentiment très fort d'une montée des inégalités, et du pessimisme français qui est le plus fort de toutes les nations développées.

- Que s'est-il passé dans les 40 dernières années ?

- G.M. : La France a gagné 10 millions d'habitants, 10 ans d'espérance de vie ; l'âge moyen de la population a augmenté de 9 ans, en passant de 31 à 40 ans. On se marie 7 ans plus tard, le chômage a été multiplié par 3... Mais, derrière ces chiffres se cachent des tendances de fond qui ont transformé notre mode de vie.

- Lesquelles ?

- G.M. : L'individualisation, d'abord, et son corollaire : la perte d'une vision collective. Chaque individu est un atome social qui se préoccupe de moins en moins de la cellule dont il est une petite partie. La féminisation, ensuite : même si la place des femmes n'est encore ni égalitaire ni équitable, les valeurs féminines deviennent dominantes ; elles et influent tant sur l'écologie, liée à la vie, que sur la consommation ou le budget des ménages. Il y a aussi bien sûr la globalisation, ensuite. Ses effets sont indiscutables. Mariée avec les nouvelles technologies, elle est jugée positive par les " Mutants ", néfaste par les " Mutins " tandis que les… " Moutons " attendent pour prendre position. La quatrième mégatendance est la virtualisation. Un seul exemple : en 1972, on installait les premiers distributeurs de billets. On remplaçait en partie le contact avec le banquier par un contact avec la machine. Aujourd'hui, on peut tout faire à partir d'internet ; l'argent n'est plus solide, ni liquide, mais gazeux. L'horizontalisation, enfin : hier, les élites parlaient de haut en bas au peuple, au public, au consommateur. Aujourd'hui, tout est horizontal, tout fonctionne en réseaux. Les Français parlent aux Français. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils vivent bien ensemble. (Propos recueillis par Michel Richard)

La Dépêche

La Dépêche (9 avril 2010)

Gérard Mermet est sociologue, directeur de Francoscopie. Le cabinet d'études, comme le livre éponyme, analyse les transformations multiples qui affectent la France contemporaine. Francoscopie 2010 (Éditions Larousse).

À l'heure d'internet, des moyens de paiement électroniques, comment expliquer cet attachement très fort des Français à l'argent liquide ?

Ce que j'observe depuis un certain nombre d'années, c'est que les Français n'ont pas encore intégré le changement que constitue la dématérialisation de l'argent. L'argent est passé, si l'on peut dire, par trois états : solide, liquide et gazeux. Ce dernier état gazeux correspond aux transactions électroniques dans lesquelles l'argent n'est plus visible, ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas là. Cela peut gêner les Français qui préfèrent, selon la formule de Balzac " des espèces sonnantes et trébuchantes. "

C'est cette dématérialisation qui inquiète les Français ?

Oui, les produits deviennent des services, les lieux d'achats eux-mêmes ont migré sur internet. Ce monde de la dématérialisation, les Français ne l'acceptent que du bout des lèvres et restent attachés à l'argent liquide. C'est une question de confiance, ou plutôt de méfiance à l'égard du monde de la finance, et cela est d'autant plus vrai que l'on est encore dans la crise financière.

20 Minutes

20 Minutes (15 mars 2010)

Pour Gérard Mermet, sociologue, auteur de Francoscopie 2010 (éd. Larousse), "Ferrat représente un engagement par la poésie, une révolte tranquille et généreuse qui n'existe plus. Les Français semblent attendre ça dans le débat politique mais ne trouvent plus que des tribuns qui s'étripent les uns les autres."

Alternatives Économiques

Alternatives Économiques (24 janvier 2010)

C'est la treizième édition de la Francoscopie de Gérard Mermet ! Objectif: faire un tour d'horizon complet de la société française. Plus de 500 pages sur la santé, le couple, les valeurs, les métiers, les revenus, etc. Tout y est, de la taille des Français à leurs innovations préférées. Les inégalités et le rôle des milieux sociaux y sont mieux soulignés que lors des éditions précédentes. L'ensemble est donc particulièrement utile, mais on pourra lui faire deux reproches. Les sources sont imprécises et certains emprunts non signalés. Surtout, l'auteur tombe dans le travers classique de ce type d'ouvrages: il faut du neuf pour vendre, quitte à largement exagérer les "ruptures" et autres "bouleversement" ou "postmodernité", comme si nos sociétés changeaient du jour au lendemain. Si l'on fait abstraction de ces analyses de type marketing, il reste un ensemble remarquablement informé et documenté.

Au Féminin.com

AuFéminin.com (21 janvier 2010)

415 000 jeunes adultes sont retournés vivre chez leurs parents (enquête Logement Insee 2008). Parmi eux, 1/3 ont plus de 30 ans, tandis que 21 % sont quadra. Qu'indiquent ces données sur la société actuelle ?

Elles traduisent la précarité des trajectoires individuelles dans un monde de moins en moins prévisible. Les vies individuelles sont faites de phases successives, dont chacune est provoquée par des changements, des ruptures. Ils peuvent être prévus, organisés ou favorables, en tout cas maîtrisés, tels qu'un mariage, un changement d'activité ou un déménagement. Mais ils sont aussi de plus en plus souvent imprévus, non souhaités et non maîtrisés. Ils peuvent survenir dans la vie professionnelle avec le chômage, personnelle avec une rupture ou une maladie. Lorsqu'un "accident" intervient, le réflexe est souvent de revenir de façon temporaire au foyer parental, en attendant de pouvoir passer à la phase suivante. L'Homo sapiens est de plus en plus un "Homo zappens".

La société actuelle est-elle réellement plus difficile pour les jeunes adultes qu'elle ne l'était pour leurs parents ?

Les jeunes adultes sont dans une situation paradoxale, avec le plus souvent un grand confort matériel et un inconfort moral. Le confort est apparent par exemple dans leur taux d'équipement en outils de loisir et de communication (notamment lorsqu'ils vivent chez leurs parents). L'inconfort moral est la conséquence du monde actuel, avec la difficulté d'intégrer la vie adulte, tant sur le plan pro que personnel. C'est la précarité qui domine dans ce domaine, et il est difficile de se projeter dans l'avenir. C'est donc souvent le carpe diem qui domine, l'improvisation prime par rapport à la planification !

Psychologies

Psychologies (31 décembre 2009)

Le constat s'impose de lui-même : au cours de dernières années, nous avons changé. Nos habitudes de vie, nos liens aux autres ne sont plus tout à fait les mêmes, car nous intégrons petit à petit un nouveau facteur dans nos comportements : notre environnement. Certes, nous avons encore des progrès à faire, mais selon le sociologue Gérard Mermet, auteur de Francoscopie (Ed. Larousse, 2009), nous avons déjà franchi quelques obstacles sur la difficile route vers l'écocitoyenneté. Aujourd'hui, nous semblons de plus en plus conscients que le progrès ne fait pas le bonheur. Une évidence ? Loin de là, explique Gérard Mermet : " nous avons longtemps été guidés par l'idée que plus le développement économique est fort, plus nous pouvons améliorer notre pouvoir d'achat. L'équation traditionnelle était donc progrès = bonheur ". Il aura fallu une réelle remise en question pour bouleverser cette vision du bonheur qui nous guide depuis plus de deux siècles. Et, à en croire Gérard Mermet, ce travail de longue haleine n'a eu qu'un aboutissement récent : " Cette réflexion de sens a été initiée dès les années 60, mais elle a pris une nouvelle tournure avec la crise actuelle. Nous remettons désormais en cause le système de consommation et recherchons ce qui est mieux pour nous et pour les autres en tentant d'éviter les voies conventionnelles." De nouvelles valeurs, gage d'un engagement nouveau ?

Nice Matin

Nice Matin (29 novembre 2009)

Le sociologue Gérard Mermet s'est livré, lors des "Entreprenariales" vendredi dernier à Sophia Antipolis, au jeu des questions-réponses avec plusieurs chefs d'entreprise. Changement de siècle, de millénaire même, nouvelles technologies... Et, par-dessus le marché, une crise financière et économique sans précédent ! Un brin provocateur sous son air sérieux, le sociologue Gérard Mermet a animé le club de l'Eco Nice-Matin lors des " Entreprenariales ". Il a décrypté la période incroyable que nous traversons. Pour affirmer que l'on aura sans doute encore deux ou trois années difficiles, mais qu'après une remise en cause de nos vieux schémas, et pour peu que l'on fasse preuve d'innovation, tout sera possible dans un futur proche et dans un monde qui ne ressemblera en rien à celui que l'on a connu depuis le début des 30 Glorieuses. " Nous sommes à un moment charnière de changement de civilisation. Il y a urgence et cette responsabilité doit être partagée par les politiques, les acteurs de l'économie, les citoyens. L'enjeu, c'est de réconcilier les Français et les entreprises ", a-t-il résumé. Gérard Mermet s'est ensuite livré au jeu des questions-réponses avec la salle.

Le Monde

Le Monde (14 septembre 2009)

"L'idée d'une sortie de crise un peu anticipée s'est installée dans des esprits qui n'attendaient que cela", estime également le sociologue Gérard Mermet. L'auteur de Francoscopie, qui avait établi la typologie d'"une France à trois vitesses face à la crise" en distinguant les "tranquilles" (fonctionnaires, retraités…), les "agiles" (jeunes diplômés capables de rebondir…) et les "fragiles", se dit par ailleurs persuadé que le premier groupe s'est étoffé au cours des derniers mois : "Une très grande majorité de Français passe entre les gouttes. Et beaucoup se sont rendu compte que leurs inquiétudes étaient un peu vaines." Ce qui pourrait contribuer à un regain d'optimisme sur la sortie de crise qui risque fort, selon lui, de "générer des frustrations et des déceptions".

La Tribune

La Tribune (18 février 2009)

Les économistes évoquent le plus souvent la crise sur le mode " macro ", à partir d'indicateurs globaux : PIB, déficit commercial, endettement, chômage, inflation... Les médias, de leur côté (notamment la télévision) ont tendance à utiliser le mode " micro " : madame Martin a perdu son emploi chez un sous-traitant de l'automobile ; monsieur Dupont voit diminuer les commandes dans sa PME du bâtiment ; monsieur et madame Duchemin sont tous deux au chômage partiel… Ces deux approches sont évidemment nécessaires et complémentaires. Mais elles sont insuffisantes ; il faut leur adjoindre une analyse sociologique différenciée. Car les effets de la crise ne seront pas du tout les mêmes selon les groupes sociaux, leur vulnérabilité spécifique, leurs attitudes et comportements. Pour favoriser la réflexion, on peut proposer une typologie simple. La France en crise pourrait être divisée en trois groupes : les Tranquilles, les Agiles, les Fragiles.
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Le Monde

Le Monde (26 décembre 2008)

"La crise, mais de quelle crise parle-t-on ? s'interroge Gérard Mermet, auteur de Francoscopie, une étude sur le comportement de consommation. Cela fait trois ans que l'on a habitué les Français à une situation de misérabilisme sur la baisse du pouvoir d'achat et des revenus. Et on semble découvrir que la crise ne commencera vraiment que demain matin." Volontiers provocateur, il affirme : "Il n'y pas eu de baisse de pouvoir d'achat disponible en 2007, si l'on en croit les indices officiels. Et, ajoute-t-il, on risque de s'apercevoir que ce sera encore le cas en 2008." Sans en minimiser l'impact, notamment parmi les salariés du secteur de l'automobile, victimes du chômage partiel et des baisses de salaires, et encore moins pour les familles pauvres, il remarque que la crise actuelle n'affecte encore qu'une "petite partie des ménages". En prenant en compte la situation déflationniste, la chute des produits pétroliers, la multiplication des offres promotionnelles et les déstockages massifs, M. Mermet ne craint pas d'affirmer que "pour les Français qui ont de l'argent, la période est propice à un baroud d'honneur, avant les difficultés". Quel que soit le bilan des fêtes de fin d'année, les craintes majeures surgissent aux premiers jours de 2009. "L'automobile et l'immobilier, principaux postes de dépenses des ménages, devraient être des variables d'ajustement", note M. Mermet. (Michel Delberghe)

Les Echos

Les Echos (24 décembre 2008)

Le fait que l'on n'ait pas encore donné un nom spécifique à la "crise" totalement inédite dans laquelle nous sommes plongés est révélateur de notre incapacité à la " penser ". On a seulement jusqu'ici réussi à décrire et comprendre les événements qui l'ont provoquée. Mais les experts, qui pour la plupart ne les avaient pas vu venir, semblent impuissants à "modéliser" leurs conséquences pour les prochaines années.
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Le Monde

Le Monde (14 octobre 2008)

Comment ignorer l'accumulation oppressante des mauvaises nouvelles ? La bulle financière mondiale explose, le prix des matières premières s'envole, la pauvreté et la faim gagnent du terrain dans le monde. Sans compter la menace toujours possible d'une catastrophe naturelle, d'un accident nucléaire, d'une crise sanitaire ou d'un acte terroriste ! Tout cela au moment même où le monde prend conscience que la planète est dégradée, que les ressources sont limitées et que la survie des espèces vivantes n'est plus assurée. Y compris la nôtre. Cette concomitance inédite de difficultés, périls et contraintes s'annonce particulièrement difficile à enrayer par les acteurs de la planète (politiques, institutionnels, économiques, scientifiques, écologiques…). Elle constitue pourtant une chance historique de transformer le monde et de vivre mieux. La France pourrait, si elle le voulait, être à la pointe de ce combat.
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Libération

Libération (17 septembre 2008)

Pourquoi joue-t-on ? Parce que le jeu est le propre de l'homme. Parce qu'il est un loisir, ou plutôt un " divertissement " au sens pascalien, qui permet de s'évader du monde réel. Parce qu'il est, surtout, une source d'émotions intenses. Des temps " forts " qui viennent compenser (parfois récompenser) les temps " morts " de la vie. Les joueurs sont des alchimistes à la recherche de la transmutation des tickets en argent (le jeu est aussi un feu). Comme Archimède, ils cherchent le levier qui leur permettra de soulever le monde. En tout cas de transformer le leur.
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60 millions de consommateur

60 Millions de consommateurs (septembre 2008)

Consommer, est-ce un moyen ou une finalité ?
[...] S’entourer des objets de la modernité, étaler devant les autres des indices matériels de réussite… La réflexion collective et individuelle des années récentes a montré à certains que ces ressorts n’étaient pas suffisants pour être heureux, pour donner du sens à la vie.
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La Tribune

La Tribune (4 juillet 2008)

A défaut de titre européen en football, la France détient celui du pessimisme, de la grogne et du mal-être. Jour après jour, les Français affichent leurs craintes, leurs angoisses et leurs frustrations à l'égard d'un monde qui ne les satisfait pas et dont l'avenir les inquiète. Notre société est plus « mécontemporaine » que contemporaine, comme en témoigne l'évolution des systèmes de valeurs, des modes de vie et de consommation.
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